Monsieur Santé

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Anne Durrer Tous en bonne santé ?

Selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée en ce début d’octobre, 83% des 21’500 personnes interrogées se sentent en bonne santé, un constat qui a de quoi réjouir quand on sait la dimension existentielle de la santé dans nos sociétés occidentales. Peut-on émettre l’hypothèse que ce haut degré de satisfaction reflète …

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IMG_0374Selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée en ce début d’octobre, 83% des 21’500 personnes interrogées se sentent en bonne santé, un constat qui a de quoi réjouir quand on sait la dimension existentielle de la santé dans nos sociétés occidentales.

Peut-on émettre l’hypothèse que ce haut degré de satisfaction reflète aussi les bonnes conditions de vie dont nous jouissons, globalement, en Suisse, même si nous n’y participons pas, toutes et tous, de la même façon ? L’enquête de l’OFS pointe à nouveau du doigt la relation, déjà connue, entre niveau de vie, de formation et d’éducation et comportements nuisibles à la santé (tabagisme, mauvaise alimentation, etc.).

Une dimension subjective …
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la santé est plus que l’absence de maladie(s). La santé a été rendue à chacune et chacun lorsque l’OMS lui a reconnu une dimension subjective : votre santé, c’est aussi ou d’abord comment vous vous sentez ! La plupart d’entre nous connaissent probablement quelqu’un qui est malade (constat médical, objectivable) mais qui se sent – cela peut étonner les observateurs – en bonne santé, l’essentiel n’étant plus dans l’absence de symptômes et autres limitations physiques ou psychiques.

Le grand paradoxe
Avec un constat global de bonne santé si réjouissant, pourquoi les dépenses de santé augmentent-elles inexorablement, année après année ? Car ce ne sont pas tellement les prix des prestations (tarifs médicaux et autres) qui contribuent à cette hausse que la quantité de prestations (opérations chirurgicales, médicaments, consultations, analyses et autres tests de dépistage ou check up) auxquelles nous faisons appel, bon an mal an. C’est comme si nous avions besoin qu’un spécialiste nous confirme que nous n’allons, pour la plupart, pas si mal que cela, que « tout est normal ». Certes, beaucoup de traitements sont indispensables pour assurer une qualité de vie aussi bonne que possible à la population suisse. Mais l’utilité d’autres prestations est remise en cause par les professionnels eux-mêmes (lire l’article de l’Hebdo paru le 10 octobre) qui estiment qu’environ 30% des mesures médicales sont inutiles (sinon nuisibles). Je gage que la pléthore d’émissions et d’articles sur la santé (ou le « bien-être ») jouent un rôle non négligeable de déclencheur d’angoisses existentielles, en nous faisant miroiter un idéal inaccessible.

Madame Santé est
Anne Durrer

Je travaille comme porte-parole de santésuisse et j’essaie de répondre aux questions des journalistes et du grand public concernant la santé et l’assurance-maladie.