Chirurgo pazzoDe nombreuses équipes chirurgicales manquent d’expérience, car elles réalisent trop d’interventions différentes. L’évaluation de l’OFSP du nombre d’opérations du pancréas le démontre clairement. Aux Pays-Bas, les assureurs-maladie peuvent refuser d’indemniser les interventions pratiquées trop rarement. Cela incite les hôpitaux à se spécialiser et augmente la sécurité des patients.

Il n’est pas rare que des complications et des décès évitables surviennent à la suite d’interventions réalisées par des équipes chirurgicales inexpérimentées. Pour la première fois, les patients peuvent consulter sur le site de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) à quelle fréquence un hôpital réalise certaines opérations. Les chiffres « actuels » datent toutefois de 2010. La Suisse accuse ainsi un retard très net par rapport aux Pays-Bas qui publient déjà les statistiques de 2012.

Le nombre d’interventions, un critère de qualité décisif
Des complications inutiles, comme une deuxième opération, des saignements postopératoires, des infections ou même des décès arrivent fréquemment lorsque des hôpitaux ou des chirurgiens pratiquent rarement certaines interventions et manquent ainsi d’expérience. Aux Pays-Bas, les assureurs-maladie peuvent refuser la prise en charge d’opérations lorsqu’elles sont réalisées trop rarement. Cela incite les hôpitaux à se spécialiser. La fréquence des interventions n’est que l’un des nombreux critères qui déterminent le résultat d’une opération, mais il est le plus facile à mesurer.

Moins de dix opérations par an
Les statistiques de l’OFSP sur la résection du pancréas suite à un cancer ou à une infection grave sont inquiétantes. Plus de cinquante hôpitaux se sont réparti les 740 opérations réalisées en Suisse en 2010. Cette intervention délicate peut entraîner le décès et de nombreuses complications postopératoires. Pour les éviter autant que possible, il faudrait, selon les spécialistes, réaliser au moins 20 à 30 opérations du pancréas par an, avoir au moins deux chirurgiens ultra-spécialisés faisant partie d’une équipe ultra-qualifiée, tenir un colloque multidisciplinaire chaque semaine, avoir une salle d’opération disponible 24 h sur 24 et des soins intensifs spécialisés garantis». Dix-huit hôpitaux en Suisse allemande, seize en Romandie et trois au Tessin ne remplissaient pas ces critères. Ils ont pratiqué moins de dix résections du pancréas pendant toute l’année 2010. Dix autres hôpitaux l’ont réalisée sur moins de vingt patients. L’OFSP indique pour les différents chapitres hospitaliers combien de patients sont décédés à l’hôpital pendant ou après l’intervention. Les décès survenant jusqu’à trente jours après l’opération seraient néanmoins plus révélateurs, comme cela se pratique aux Pays-Bas.

Conseil :
Les patients ont donc intérêt à s’informer sur le nombre d’interventions réalisées par leur hôpital en 2010 pour une opération particulière. Cette recherche est assez simple sur le site de l’OFSP : dans la rubrique Indicateurs de qualité, rechercher l’hôpital sous Requête, puis sélectionner l’opération (indicateur).

Cet article est un résumé de l’article de Urs Gasche/ infosperber publié dans le numéro 3/13 d’infosantésuisse, le magazine de l’association faîtière des assureurs santésuisse.

Madame Santé ist
Silvia Schütz