© Sixième rapport sur la nutrition en Suisse, 2012

L’alimentation a une influence sur les maladies et leurs facteurs de risque, elle est donc aussi un élément contribuant à l’augmentation permanente des coûts de la santé. C’est pourtant un domaine où la prévention est plus efficace que les traitements. Mais que faire pour que le message d’une nutrition saine soit entendu et mis en pratique au quotidien ?

Même si des données fiables sur la morbidité des maladies liées à l’alimentation font défaut, chacun a un jour fait bonne chère et lui-même expérimenté le lien indéniable entre alimentation et santé, ou tout du moins bien-être. Et ici, comme dans bien d’autres domaines de la santé, la prévention est en fin de compte nettement moins complexe et coûteuse que les soins requis par des maladies liées à certains comportements alimentaires.

Le surpoids et les carences alimentaires
Prenons l’exemple du poids. L’augmentation continue observée au cours de ces trente dernières années du nombre d’adultes en surpoids ou obèses en Suisse semble se ralentir, allant vers une stabilisation chez les adultes comme chez les enfants. Les différences entre les sexes, les tranches d’âge et les populations urbaines ou rurales sont toutefois importantes. Le niveau de formation, le revenu, la catégorie socio-professionnelle et le contexte migratoire sont également sources de fortes variations de la prévalence. Ainsi, un niveau de formation peu élevé représente l’un des principaux facteurs de risque de surcharge pondérale et d’obésité. Or un poids excessif est en cause dans de nombreuses maladies telles que les affections cardio-vasculaires, certains cancers et le diabète. Les carences alimentaires sont un autre exemple des conséquences de l’alimentation sur la santé. Elles diminuent la qualité de vie en induisant une plus grande sensibilité à la maladie. Contrairement à certaines idées reçues, les personnes obèses peuvent elles aussi souffrir de carences alimentaires en cas de choix trop restreint d’aliments. Cela occasionne des frais importants, en particulier lors d’hospitalisations ou de soins à domicile des personnes âgées. De 20 à 30% des personnes hospitalisées sont concernées par cette problématique.

Cibler la communication
Certains groupes de population ont une prise de conscience alimentaire et des connaissances nutritionnelles problématiques. Il s’agit en particulier des hommes, des personnes jeunes et celles qui sont socio-économiquement défavorisées. Ces groupes-cibles sont particulièrement importants parce qu’ils représentent simultanément les groupes de population les plus exposés aux risques de maladies liées à l’alimentation. Le poids corporel des enfants, par exemple, est en corrélation directe avec le niveau de formation de leurs parents. Il faut noter que l’attention doit se porter non pas sur le contenu des messages nutritionnels transmis mais sur la nature de la communication, afin que celle-ci ne reste pas lettre morte.

L’engagement des assureurs-maladie
L’institution Promotion Santé Suisse , soutenue par les cantons, la Confédération et les assureurs-maladie, est responsable de la promotion de la santé selon la LAMal. Elle a défini un poids corporel sain  comme l’un de trois thèmes clés de sa stratégie à long terme (2007-2018) et mis en place un programme d’action en collaboration avec les cantons. Son objectif est de s’adresser aux enfants et aux adolescents via des mesures ciblées, afin d’augmenter la part de la population ayant un poids corporel sain*. De nombreux projets  ont ainsi été réalisés, de nombreux autres sont encore en cours, avec un succès certain. «Youp’là bouge» par exemple est un projet pilote qui s’adresse prioritairement aux enfants âgés de 2 à 4 ans. Son but est de promouvoir l’activité physique dans les crèches, garderies et jardins d’enfants. Le «Pédibus» est un «bus à pied» qui conduit en toute sécurité et dans un cadre convivial les enfants au jardin d’enfants, à l’école et de retour à la maison. En particulier les mesures adoptées en milieu scolaire, qui s’adressent aux enfants, devraient avoir un effet durable, notamment parce que la formation des habitudes et la détermination du comportement alimentaire commencent dans les premières années de vie. Ainsi «Fourchette verte» est un label qualité et santé, décerné aux lieux de restauration qui proposent un plat du jour équilibré en respectant la pyramide alimentaire.

Ces questions du surpoids et des carences alimentaires ne représentent qu’une petite facette de la problématique « nutrition et santé ». Cet article est tiré du 6e Rapport sur la nutrition en Suisse publié par l’Office fédéral de la santé publique, que Madame Santé vous recommande.

*C’est-à-dire un indice de masse corporelle compris entre 18,5 et 24,9 pour un adulte, selon les connaissances actuelles.

Madame Santé ist
Frédérique Scherrer

Je m’occupe principalement des publications en français de santésuisse: le magazine « infosantésuisse » et la lettre d’information « Mise au point ».